Le Tau

Le Tau dans l’histoire

TAU est la 19e lettre de l'alphabet grec. C'était le signe de la déesse Grècque Attis, du dieu romain Mithra et du dieu Druide Hu. Le TAU a été inscrit sur le front de chaque personne admise dans les Mystères de Mithra. Quand un roi a été initié aux mystères égyptiens, le TAU était placé sur ses lèvres. Dans l'Egypte ancienne, le TAU a représenté l'ouverture sacré, ou une passerelle, ou un portail. Il a également été utilisé pour marquer les navires de l'eau sacrée. En fait, le TAU était un symbole sacré important dans la culture et l'architecture égyptienne antique. Lorsque des TAU sacrés sont réunis horizontalement, ils représentent un temple. Dans l'Egypte ancienne, d'énormes colonnes ont été érigées de cette façon. Les « Henges » en Grande-Bretagne (Stonehenge) sont également des Tau sacrés unis, très souvent dans une conception circulaire, pour former un temple. Un double TAU forme un "Dolmen", comme ceux qu'on trouve en Irlande.

La première référence judéo-chrétienne enregistrée du TAU se trouve dans Ezéchiel 9:4 : "Passez par la ville de Jérusalem et marque un TAU (généralement traduit par « faire une marque » ou « marquer d'une croix », mais dans le texte hébreu original le rendu est « marquer un taw ou tav », c'est-à-dire la dernière lettre de l'alphabet hébreu ancien) sur le front de ceux qui pleurent et se lamentent sur toutes les abominations qui se commettent en elle "...

Le TAU a été porté par la «Antoniens», également connu sous le nom «Frères Hospitaliers de Saint-Antoine", une communauté religieuse d'hommes fondé en 1095 dans le but de prendre soin de ceux qui souffrent de la maladie commune médiévale de feu de Saint-Antoine ( lèpre). Très souvent, lorsque vous voyez St. Antoine représenté dans l'art médiéval, le TAU est soit brodé sur ses vêtements ou il tient un bâton de marche sous la forme d'un TAU. Il est raisonnable de supposer, compte tenu de l'importance du TAU dans l'histoire religieuse et culturelle de l'Égypte ancienne, que le TAU était un symbole sacré pour Antoine lui-même.

Le TAU a été peint sur l'habit de l'ordre médiéval de la Antoniens. Il a été dissous dans un ordre par l'Eglise dans le 16ème siècle, quand la lèpre n'est plus un problème. Au IVe Concile du Latran, le 11 Novembre 1215, le pape Innocent III fait référence au TAU et a cité le verset Ezéchiel 09:04 en référence à la profanation des lieux saints par les Sarrasins: «Le TAU a exactement la même forme que . la croix sur laquelle notre Seigneur a été crucifié sur le Calvaire, et seuls ceux qui seront marqués de ce signe et obtiendra miséricorde qui ont mortifié leur chair et leur vie conforme à celle du Sauveur crucifié "A la fin de son homélie Innocent dit: "Champions de la TAU». Saint François d'Assise était présent et il a dû prendre ce coeur car il serait devenu son symbole sacré.

Avant le IVe Concile du Latran, Saint-François aurait pu voir le Tau sur les habitudes de la Antoniens. Saint Bonaventure dit: "Ce symbole TAU avait toute la vénération et tout le dévouement du saint (Francis): il en parlait souvent dans le but de le recommander, et il l'a lui-même tracé sur avant de commencer chacune de ses actions». Francis préféré le Tau-dessus de tous les autres symboles: il utilisé comme sa signature que pour ses lettres, et il a peint l'image de celui-ci sur les murs de tous les lieux dans lesquels les il a séjourné. Saint-François serait aussi étirer les bras, pour montrer à ses frères que leur habitude était aussi la croix de Tau. Il leur a demandé de ne pas laisser seul qui servent comme un rappel, mais aussi comme un symbole actif pour eux d'être à pied d'un crucifix dans leur vie.

Le Tau et les Antonins Maronites

Depuis sa fondation, l’Ordre Antonin Maronite a gardé le Tau comme symbole. Les religieux le mettent sur leurs habits. Il est gravé sur leurs sceaux et se trouve à l’entrée et sur les murs de leurs couvents, écoles et universités. Le livre des constitutions de l’Ordre Antonin Maronite, traduit en arabe mais transcrit avec des caractères syriaques (karchouni), mentionne au chapitre 7 – relatif à l’habit – ce qui suit: « Le moine ne doit avoir comme habit que ce qui est de couleur sombre. La soutane doit être en laine avec du côté gauche, le signe du bâton de Saint Antoine, de couleur bleue ». Ceci atteste que les moines antonins maronites détiennent l’emblème du Tau, depuis l’année 1740 au moins, date de l’approbation des constitutions de l’Ordre Antonin à Rome Il est possible que des relations s’étaient établies avant l’approbation des constitutions, entre les moines antonins occidentaux et des prêtres antonins maronites durant leur voyage en Europe (quelques documents évoquent l’année 1729), ce qui a eu pour résultat l’adoption du Tau. Selon l’Abbé Baabdati, ceci s’est déroulé non pas en passation légale et officielle, mais par jumelage.

La spiritualité du Tau

Cet emblème, que les Antonins ont constamment porté depuis la fondation de l’Ordre est donc un signe de rédemption, de bonté, de conversion permanente et de désappropriation totale. Se convertir, se laisser marquer du Tau, c’est se faire pauvre et humble. Le Tau est le signe concret d’une dévotion chrétienne et surtout d’un engagement de vie à travers le Christ crucifié. Porter le Tau, c’est reconnaître le Fils de Dieu. C’est s’engager dans une voie spirituelle, dans une école de vie, celle de Jésus sur la croix. Le Tau peut également être l’image de la béquille du bâton qui va soutenir et aider à marcher. Ce «bâton» va servir d’appui pour surmonter les épreuves de l’existence. Le Tau est l’exigence de mission et de service d’autrui, parce qu’il rappelle que le Seigneur Jésus-Christ s’est lui-même fait notre serviteur jusqu’à la mort.